ECRIRE, PUBLIER, LIRE AUJOURD'HUI.
RECONTRE AVEC UN ECRIVAIN ET UN EDITEUR:
PIERRETTE FLEUTIAUX ET FRANÇOISE NYSSEN.
Instructive, c'est le mot qui qualifierait bien la conférence du mercredi
8 mars dans le CDI du lycée Pasteur. Nous sommes alors en présence
de l'écrivain Pierrette Fleutiaux, invitée d'honneur de la "Bienal
do livro", salon du livre, ici, au Brésil, qui est venue parler
de ce métier d'auteur avec les classes de seconde dont nous faisons partie.
Elle est en compagnie de Françoise Nyssen, directrice des éditions
" Actes-Sud ", qui derrière son petit air de John Lenon, a
gentiment accepté de venir, elle aussi, nous parler de son métier.
Pourquoi choisit-on d'être écrivain ? D'où sortent ces phrases
? Ces personnages ? Que ressent-on à matérialiser toutes ces idées
qui nous traversent l'esprit ? Voici des questions que nous nous posions parmi
d'autres. Et parce que " tout écrivain retourne à son enfance
" selon Mme Fleutiaux, elle n'aurait pas entièrement choisi. D'ailleurs,
à une époque, elle rêve d'une carrière d'astrophysicien,
et on n'aurait peut être jamais eu l'occasion de lire des livres tels
que Des phrases courtes, ma chérie. Mais c'est justement son enfance
qui la baignait dans cet univers qui a dû l'influencer. Elle nous raconte
qu'elle a passé son enfance dans une école, or, il n'y avait ni
télévision, ni radio, ni rien de tout cela, juste une bibliothèque.
Et comme un signe du destin, Pierrette Fleutiaux passait le plus clair de son
temps à feuilleter des livres, certains qui la passionnaient, et d'autres
dont elle ne comprenait pas toujours le sens, tels que Platon ou des livres
érotiques. Pour l'anecdote, elle écrivit son premier roman à
l'age de 6 ans, d'une demi-page certes, mais on n'aurait pas pu espérer
900 pages d'une petite fille.
C'est cette même petite fille, qui des années plus tard, cherche
son inspiration dans la vie de tous les jours. Un visage marquant, une silhouette
surprenante ou encore un regard attachant ; ainsi, Thierry, élève
de l'une des secondes présentes, sera-t-il peut-être un visage
à l'origine d'un personnage futur... , comme quoi tant qu'il y a de la
vie il y a de l'espoir. " Le bon lecteur c'est celui qui lit mieux que
toi, qui t'agrandit ". C'est ce que notre écrivain nous répond
si nous lui demandons ce qu'est un bon lecteur. Le bon lecteur serait donc celui
qui donnerait une autre dimension au livre, celui qui ferait que l'écrivain
est ce qu'il est.
On ne peut donc que souhaiter à Pierrette Fleuriaux qu'elle continue
à rencontrer autant de bons lecteurs. Bref, l'écriture fait partie
de la vie de cette dame, et désormais elle ne lâcherai sa plume
pour rien au monde.
Puis dans l'ordre des choses, nous suivons le trajet du livre, après
l'écriture, l'édition. " Avant je ne connaissais même
pas ce métier d'éditeur " nous confie Françoise Nyssen,
chimiste par formation. Aujourd'hui, elle dirige la " petite " maison
d'édition indépendante " Actes-Sud " (maison de Pierrette
Fleutiaux, anciennement à Gallimard); située à Arles depuis
maintenant 30 ans, dont la direction est passée de père en fille.
" Plaisir et nécessité ", telle est en quelque sorte
la devise de " Actes-Sud ". Un papier teinté et un miroir,
c'est-à-dire la position du texte dans la page, bien disposé pour
le confort des yeux et un format de poche pensé.
Là aussi, personne, ou presque, ne sait en quoi consiste l'édition
d'un livre. Son passage de manuscrit à livre, et son arrivée dans
les librairies. Les critères d'édition, ce qui fait qu'un livre
sera édité ou non, varient selon les maisons. Cependant si l'on
prend l'exemple d'"Actes-Sud ", histoire et écriture, la forme
et le fond, sont les bases de la sélection d'un manuscrit. Mais on ne
pourra cependant pas nier que, bien que secondaire par rapport à la qualité
de texte, l'argent est un critère de poids. Un livre qui sera sûrement
un best seller n'est jamais jugé à la légère. Alors,
qui choisit les manuscrits qui arrivent chaque jour ? C'est le boulot d'un groupe
d'éditeur qui va lire et débattre sur l'intérêt d'éditer
un livre. Or, il suffit qu'un livre plaise à un des éditeurs pour
que généralement le manuscrit aille à la presse. En effet,
personne ne peut décider de ce qui est bien ou non pour des milliers
de personnes. Et comme tous les goûts sont dans la nature, un avis favorable
est souvent suffisant.
La sonnerie de quatre heures retentit, la conférence touche à
sa fin, nous remercions Pierrette Fleutiaux et son éditrice Françoise
Nyssen et nous sortons. Avec pour certains, la perspective de deux nouveaux
métiers dans la tête. D'un côté un métier où
l'imagination et le coup de plume règnent au fil des chapitres. Et de
l'autre, un métier témoin de l'arrivée de grands écrivains
qui seront peut être encore cités cinquante ans plus tard. Un métier
qui vit du livre, par le livre, et pour le livre.
Djimas